En taxi!

Athènes en taxi

 

Tous les cours d’anglais de notre enfance, dans le monde entier, comportaient un chapitre consacré aux taxis londoniens.

De même, on pourrait considérer les quelque 17 000 taxis en service dans tout Athènes comme un des marqueurs incontournables dans l’ADN de la capitale grecque.

Cette armée de lutins jaunes lignés d’un trait bleu azur court partout, dans tous les lieux, de jour comme de nuit.

Il n’est donc pas difficile de trouver un taxi pour vous conduire à destination. Il y a plusieurs écoles pour recourir à ce service. La première consiste à solliciter un taxi en attente à une des nombreuses stations situées à des endroits stratégiques qu’ils soient touristiques ou non.  C’est en soi la chance d’une possible aventure pour trouver la voiture qui vous transportera. Certains chauffeurs seront en pause, présents ou non dans leur véhicule, d’autres vous confieront aux soins d’un collègue en fonction de leurs réservations ou de la direction que vous voulez prendre.

Mais vous pourrez également, et c’est une seconde option, héler un taxi depuis le bord de la route. Normalement, vous verrez alors clignoter les feux de détresse du véhicule venant vers vous afin de signifier qu’il se prépare à vous prendre en charge. Parfois vous pourriez être déçus de voir passer plusieurs voitures semblant vous ignorer. Sachez qu’il faut vous assurer que la petite lumière « Libre » en bas à droite du pare-brise est allumée. Si la voiture que vous convoitez circule sur une voie centrale ou gauche d’une avenue, le taxi n’est pas disponible pour diverses raisons. Quand il est libre, un taxi circule sur la voie de droite.

Votre vaisseau jaune peut aussi se livrer à quelques appels de phares s’il suspecte que vous êtes en attente. Faites lui le signe approprié selon que vous voulez ou ne voulez pas de ses services.

Tous ces préliminaires une fois satisfaits vous embarquerez dans le véhicule. En Grèce, beaucoup de passagers embarquent à l’avant, rien n’est plus naturel même si, par tradition, les dames montent plus naturellement à l’arrière du véhicule.

Vous ne manquerez pas d’entamer le voyage par un « kalimera » ou un « kalispera », c’est la première leçon de grec pour tout voyageur.

Beaucoup de chauffeurs de taxi parlent un anglais simple qui vous permettra de dialoguer pour indiquer votre destination. Il est parfois préférable de présenter l’adresse convoitée par écrit car vous pourriez être surpris en arrivant dans un lieu totalement étranger à vos objectifs. Bien des rues, selon les quartiers, portent le même nom ou un nom approchant qu’une prononciation hasardeuse aura propulsé dans un quiproquo pouvant ruiner votre bonne humeur et votre budget.

Globalement, les chauffeurs de taxis sont neutres ou agréables. Certains pourront vous sembler étranges qu’ils soient muets ou exubérants. Le métier de « taxi-man » est très éprouvant, non seulement en raison des conditions de circulation, mais aussi des conditions de travail. Certains taxis sont la propriété du chauffeur, mais ils sont bien rares. D’autres appartiennent à des compagnies et votre chauffeur sera salarié ou temporaire et surtout mal payé. Enfin, et c’est le cas d’un grand nombre, votre conducteur sera locataire de son véhicule et on comprendra mieux certaines « humeurs » quand on apprendra que l’homme au volant, pour assurer la location, les charges sociales, l’entretien de la voiture et la fiscalité, doit, s’assurer d’encaisser par son travail un montant de 80 € avant de dégager la moindre rémunération pour son compte. Au prix minimum de 3.50 € pour une course, on devine les amplitudes de travail des chauffeurs indépendants.

Certains recourent alors à quelques artifices pour se donner la chance de gagner un peu plus sur la course. Le travers le plus courant consiste à « oublier de déclencher le taximètre… Il faut-être vigilant. Si le compteur ne tourne pas, assurez-vous très vite du prix final de la course. Vérifiez bien que la catégorie du tarif est appropriée ; marquée du chiffre 1 en zone urbaine au tarif de jour et 2 pour les jours fériés et la nuit.

Hormis de rares exceptions, tout devrait bien se passer et vous paierez, pour une course urbaine un prix minimum de 3.50€ et au maximum de plus ou moins 10€. Si vous avez chargé des bagages ou des objets dans le coffre, il est normal qu’on vous réclame un supplément de 2€.

Une particularité ne manquerait pas de vous surprendre. En effet, la « double charge » est encore autorisée. Ainsi, votre chauffeur pourra proposer à un autre client de monter dans le véhicule si sa destination concorde avec la votre. Dans ce cas, chacun paie la part correspondant à sa course.

Vous aurez avantage à demander votre « apôdixi » (reçu), spécialement pour les courses payées au travers d’une plateforme internet car cette opération garantit la clôture de votre dossier au bon montant.

N’hésitez pas à laisser un pourboire, sauf si vous avez rencontré des problèmes dans la qualité du service, car, vous l’aurez compris, les chauffeurs de taxi ont, pour le moins, une vie difficile, y compris sur le plan financier.

Se déplacer en taxi dans Athènes est une expérience dont il ne faut pas se priver. Peu importe qu’on soit transporté dans une rutilante voiture allemande ou dans un véhicule improbable dont son propriétaire ignore l’âge et le kilométrage, on apprend à mieux se repérer dans la ville, on découvre aussi les petits trucs et les raccourcis qui nous intègrent dans la vie de cette grande ville.

Le prix des courses intra-muros est très abordable et ne mérite pas qu’on se prive de ce confort de déplacement. Et, pour la bonne humeur, les Grecs ne disent-il pas « Entaxi » pour signifier « allons-y » !

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